La mixité à l’Ecole, futur combat ?

samedi 24 mai 2008
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« Loin des bruyantes réformes, l’histoire de cet alinéa ressemble à un coup en douce » écrit Libération. C’est que le Sénat a adopté le 9 avril un projet de loi sur les discriminations qui précise que n’est pas discriminatoire « l’organisation d’enseignements par regroupement des élèves en fonction de leur sexe ».

Depuis le gouvernement est soupçonné des pires choses. « On peut attendre des demandes pour des séances séparées de piscine - notamment de communautés religieuses intégristes ; certains peuvent aussi réclamer des cours de maths séparés car les garçons sont déconcentrés par les filles » déclare la sénatrice communiste Annie David.

La suppression de la mixité va-t-elle (re)devenir un cheval de bataille de la droite ? On se rappelle à quel point celle-ci avait été hostile au développement de l’enseignement secondaire des filles sous la IIIe République. Surtout la mixité pose bien problème et son maintien est contesté dans la plupart des pays développés.

Ainsi, dans une tribune donnée au café, JL Auduc relevait un écart croissant entre filles et garçons face à l’échec scolaire. « Un garçon sur cinq se trouve dans cette situation de sortir du système éducatif sans CAP, ni BEP, ni Baccalauréat, alors que cela ne concerne qu’une fille sur sept » écrivait-il. « Toutes ces statistiques montrent que la « fracture sexuée » a atteint de tels écarts (entre 10 et 14 points) pour certains indicateurs (compétences en lecture, % d’une classe d’âge réussissant le baccalauréat) qu’elle apparaît pour ces items aussi, voire plus importante que la fracture sociale. Ainsi, les filles issues de catégories sociales classées comme défavorisées réussissent nationalement aussi bien ou mieux en lecture ou au baccalauréat que des garçons issus de catégories sociales caractérisées comme favorisées ».

Mais, relevait JL Auduc, « toutes les études menées dans les pays anglo-saxons concernant les classes séparées garçons-filles pour l’ensemble des apprentissages scolaires montrent qu’elles n’améliorent en rien les résultats scolaires des garçons et ne diminue pas leur décrochage scolaire. Ces classes séparées renforcent les stéréotypes sexuels, encouragent l’ignorance et le préjudice envers l’autre sexe, accentuent les différences dans l’éducation... Gérer la mixité, ce n’est pas seulement mettre des garçons et des filles ensemble, mais réfléchir aux stratégies appropriées pour mieux faire réussir et vivre ensemble filles et garçons ».

Devant cette difficulté et face à l’attirance pour l’école la plus rétrograde, la tentation pourrait croître sur les bancs de la majorité d’instaurer l’apartheid des genres dans le système éducatif. Au ministère on s’efforce de désamorcer l’affaire. « Le principe organisateur de l’enseignement dans les établissements publics reste donc naturellement celui de la mixité » affirme X. Darcos."

Source Café Pédagogique


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