PISA et alors ?

samedi 8 décembre 2007
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La manie du classement entre « bons et mauvais » comme s’il y avait des « bons et des mauvais » intrinsèquement touche tout et tous les secteurs : élèves profs bien sûr, établissements, pour en rester à ce seul secteur . Pourquoi ces évaluations et classements ? Est-ce pour « paraître » sur le front international ? Est-ce pour caluler un « ratio » prix de revient de l’« investissement » dans l’Education où tout, comme on le sait, coûte si cher à la collectivité ? Et quoi ? Pour si peu de résultats ? Mais réformons l’Ecole, résumeront d’aucuns ! faisons travailler les profs davantage (pour ... rien de plus !), diront les mêmes ! Bien sûr l’Ecole doit évoluer mais l’Ecole n’est pas seule en cause, elle n’est pas à côté de la société mais elle participe de son mieux avec les moyens qu’on veut bien ou non lui donner, à la vie sociale .
Et s’il s’agit, à l’occasion des commissions de réflexion sur le métier d’enseignant, de « copier » le modèle japonais ou anglosaxon... surtout en temps de présence dans les établissements... nous disons fermement non !

"Le silence ministériel sur les résultats de l’enquête Pisa est étourdissant. Il se prolonge maintenant depuis une semaine, quand les premières informations ont filtré dans la presse. Pourtant X. Darcos bénéficie des analyses de la Depp et de celle de l’Inspection générale dans lesquelles il peut emprunter des éléments de sa réponse.
Certes il « bénéficie » aussi de l’invitation ferme du Snes à ne pas prendre en compte l’enquête Pisa. Mais cette ligne n’est pas majoritaire dans les organisations syndicales comme en témoignent les déclarations du Snuipp et du Sgen. On s’interroge donc sur les raisons de ce silence, qui, après tout , n’est peut-être que tactique.

Le ministre hésite-il à descendre sur le terrain pédagogique ?

Car les analyses venues de son ministère se situent strictement dans ce périmètre. On le voit dans les travaux de la Depp qui isolent des points faibles chez les élèves français. Ainsi leur peur devant les questions, leur difficulté à réutiliser des connaissances etc. Ces observations avaient déjà été faites sur Pisa 2003. Sans que le système soit capable d’y remédier. La défense de la liberté pédagogique peut-elle aller jusqu’à laisser les enseignants ne pas tenir compte de ces travaux ? Ce serait surprenant.

Le ministre hésite-il à aller sur le terrain social ?

Car la grande leçon de Pisa c’est la forte progression en nombre des élèves faibles et leur baisse de niveau.

Ainsi la Depp révèle que, pour la culture mathématique « le pourcentage d’élèves faibles passe de 18% à 22% et leurs performances chutent de 20 points ». En culture scientifique, « les résultats en culture scientifique sont globalement proches de ceux de l’OCDE ... Les élèves français sont moins nombreux (78,9 %) que la moyenne des élèves de l’OCDE (80,7 %) à atteindre le niveau 2... Ceci a tendance à tirer les résultats de la France vers le bas de l’échelle globale ». Evidemment ce creusement des inégalités sociales à l’Ecole depuis 2003 semble une claque pour les responsables précédents dont certains sont encore aux affaires... Mais nul ne sait quelle est la part de l’Ecole et celle de l’aggravation des inégalités sociales dans le pays dans ces mauvais résultats. Est-ce cette question que l’on doit éviter de poser ?

Pourtant Pisa est aussi une chance pour X. Darcos. Alors que Pisa 2001 et 2003 avaient été accueillies avec scepticisme et résistance dans la profession enseignante, Pisa 2006 participe d’un débat engagé sur l’Ecole. L’enquête peut constituer un levier pour changer l’Ecole. Une certitude : la pisa se mange chaude...

En Angleterre : Les évaluations nationales vivement critiquées

« Au mieux ce classement (des établissements) montre simplement où les riches vivent. Au pire, il démoralise des écoles qui travaillent dur pour apporter une éducation de qualité à des jeunes qui en ont été privés ».

Sur BBC News, le président du syndicat des chefs d’établissement n’a pas de mots assez durs sur le système national d’évaluation. Pourtant les résultats des tests nationaux pour les écoliers de 11 ans viennent d’être publiés et le gouvernement se félicite d’une montée régulière du niveau dans 54% des écoles. 80% des jeunes ont atteint le niveau attendu.

Le problème c’est que ces bons résultats paraissent quelques jours après la publication de Pisa qui est marquée par une nette dégringolade pour l’Angleterre. Enfin 5 écoles, parmi les plus cotées, ont été convaincues de tricherie. En effet, comme ce classement est utilisé par les familles pour sélectionner leur école, il est important pour les écoles d’être bien classées et une forte pression s’exerce sur les enseignants, particulièrement dans les écoles des quartiers défavorisés. Des incidents similaires se sont produits également aux Etats-Unis."

Source Café Pédagogique


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