Le Canard Enchaîné commente la rentrée !

samedi 8 septembre 2007
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Il revient sur la mise en scène de la rentrée par le pouvoir : après les mesures toutes plus négatives de l’été, du lénifiant et certains dossiers opportunément occultés.

Le Canard chiffre d’ailleurs (en mettant en relation des données bien connues) la réalité des suppressions de postes : près d’un retraité non remplacé.

Il s’intéresse aussi à deux mesures en faveur du privé :
- l’annonce de seulement 1.400 de suppressions de postes en 2008 dans le privé alors que, si les règles du public étaient appliquées, cela devrait monter à 2.120.
- la nouvelle circulaire qui prévoit l’extension du forfait communal aux écoles privées d’une autre commune.

Sur ces deux mesures, le SUNDEP, attaché à l’égalité de traitement public - privé :
- rappelle son opposition aux restrictions de moyens, et se joidra à toutes les actions intersyndicales avec les organisations du public ;
- s’oppose à tout traitement de faveur pour le privé ;
- constate que la nouvelle circulaire sur le forfait communal est aussi contestée par l’association des maires ruraux (qui estiment qu’elle va étrangler leurs finances, et appellent au boycott), ceux des villes de banlieues pauvres... Cela confirme que cette mesure est bien injuste socialement, et qu’elle doit être dénoncée.

L’article du Canard

"Une ambition scolaire très rentrée

Une très solennelle « Lettre aux éducateurs » pour « témoigner de [son] soutien » au corps professoral.

Des cajoleries de Fillon aux élèves de l’Institut universitaire de formation des maîtres, à Créteil, cette « élite de la jeunesse étudiante » en qui « le pays tout entier a confiance ».

Une commission - dirigée par le conseiller d’Etat Marcel Pochard, avec Rocard en vedette - pour la modernisation et la revalorisation du métier d’enseignant. Encore un peu et les profs vont confondre la rentrée avec la distribution des prix.

Après les coups de sabre de l’été (évocation d’un service minimum à l’Education nationale, suppression de 11.200 postes au budget 2008), la câlinothérapie s’imposait.

Les déclarations très mère-tape-dur de Christine Lagarde sur la « rigueur destinée à la fonction publique » ont été désavouées, avec effroi, par Guéant et Fillon.

Et les propos de Sarko sur la faillite de l’école et l’obligation de consacrer plus de temps aux élèves, provisoirement oubliés.

Dans cette logique, il n’a pas été fait trop de publicité à l’une des promesses tenues par Sarkozy : en 2008, alors que 15.600 profs de collège et lycée prendront leur retraite, moins de 8.000 débutants sortis des instituts de formation (le nombre de postes mis aux concours a été réduit en 2006) entreront dans la carrière.

Bilan : près d’un retraité du secondaire sur deux ne sera pas remplacé. Bien mieux qu’un sur trois, comme l’avait affirmé Darcos pour calmer les frileux !

D’autres promesses gagnent, elles aussi, à la discrétion. La carte scolaire est plus souple, mais pas au bénéfice de la mixité sociale. Les ZEP subissent également la « rigueur ». Mais elles n’ont pas droit à la rénovation annoncée à grand bruit.

Des milliers d’heures sup, chères à Sarko, vont être financées, mais il n’est pas sûr qu’elles soient utilisées. D’ailleurs, les crédits ouverts à cet effet, ces dernières années, n’ont pas tous été consommés.

Quant au sport à l’école, que le Président veut encourager, il est mal parti. Cette année, plus de 1.200 départs de profs de gym à la retraite ne seront remplacés que par... 400 lauréats au concours d’éducation physique.

Récidivistes impunis
Par contraste, les profs de l’enseignement privé feraient presque figure de favorisés.

Sur les effectifs, d’abord. Théoriquement, en ce domaine, on applique la règle dite des 80/20, calculée au prorata du nombre d’enfants scolarisés dans chacun des deux systèmes.

A ce tarif, en 2008, pour 11.200 suppressions de postes - 600 au ministère et 10.600 dans les établissements publics et privés -, 2.120 emplois (soit 20 % de 10.600) devraient disparaître des boîtes gérées par les bons pères.

Deo gratias : le sacrifice ne sera que de 1.400 unités. C’est sûrement ce que Sarko, début juillet, appelait « répondre à certaines attentes des parents, s’agissant de l’école sous contrat ».

Autre petit cadeau du ciel, la circulaire sortie en catimini le 6 août...

Elle oblige les municipalités à financer la scolarité des élèves dont les parents ont choisi le privé. Même lorsque le bahut d’élection se trouve en dehors de leur commune de résidence.

Ce texte, évoqué par « Le Monde », a un petit air de déjà-vu. Proposé. sous une forme voisine, en décembre 2005, il avait suscité la colère des laïcards et de nombreux maires de petites villes. Avant de se voir retoqué par le Conseil d’Etat, le 4 juin dernier.

Mais dès le lendemain, une délégation de dirigeants de l’Enseigurment catholique, traumatisée, était reçue par Darcos. A défaut d’une cellule de soutien psychologique, celui-ci leur promettait une nouvelle circulaire.

Voeu exaucé deux mois plus tard. Et Sarkozy, qui n’encourage pourtant pas la récidive, a donné, cette fois, sa bénédiction.

Jérôme Canard

Merci au Canard !


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